<span>UNPI</span> 17UNPI 17

UNPI 17 - Royan
Chambre Syndicale de la Propriété Immobilière Nouvelle-Aquitaine

Fiche actualité

Une piscine chez soi… en mode écologie

 

ANALYSE - Bassins plus petits, gestion raisonnée de l’eau, consommation électrique optimisée… Les professionnels de la piscine privée multiplient les solutions les plus vertueuses pour satisfaire les inconditionnels du bain, tout en répondant au souci écologique actuel.

 

En dix ans, le nombre de piscines privées a pratiquement été multiplié par deux et la France compte aujourd’hui près de 3,2 millions de piscines enterrées et hors-sol. Pourtant, les problèmes récurrents de sécheresse et les économies d’eau exigées dans de nombreux départements, ont de quoi faire réfléchir ! Une enquête de la Fédération des Professionnels de la Piscine et Decryptis montre que les habitudes et les exigences des consommateurs ont changé ces dernières années. Les piscines plutôt orientées « natation » des années 80 /90 de grandes dimensions et très profondes, ont laissé place à des bassins plus petits centrés sur la détente et la convivialité. Les professionnels se mobilisent également pour répondre aux enjeux économiques actuels, sensibilisant les détenteurs ou futurs acquéreurs de piscine aux bonnes pratiques pour une utilisation plus raisonnée. 

Économiser l’eau et l’énergie

L’utilisation de l’eau des piscines privées ne représente en fait qu’une faible part de l’utilisation annuelle d’eau en France : 0,11 % pour le parc total et 0,02 % pour le remplissage de nouveaux bassins, soit 0,1 % de la consommation globale d’eau du pays (source FFP). En réalité une piscine ne devrait jamais être vidée dans sa totalité ; le renouvellement annuel d’1/3 de l’eau est largement suffisant. Pour préserver l’eau, il suffit de mettre la piscine en hivernage actif, c’est-à-dire de continuer à faire tourner la pompe quelques heures chaque jour avec des produits adéquats. Protéger la piscine avec une couverture ou un abri évite aussi les problèmes de pollution et l’évaporation. Pour les piscines chauffées, les systèmes de chauffage qui consommaient environ 15 000 kW/h par an avec un rendement faible ont laissé place aux pompes à chaleur Full-Inverter ayant un rendement élevé (entre 4 à 7) pour une consommation de 1 570 kW/h/an. Quant aux éclairages, ils sont 40 fois moins énergivores aujourd’hui qu’il y a 40 ans grâce à la généralisation des LED.

Piscines basse consommation

Les professionnels du secteur de la piscine et du spa travaillent de longue date sur une gestion durable de l’eau. Les cubages nécessaires au fonctionnement d’une piscine ont ainsi été réduits de 45 % en 25 ans. Cette diminution est due aux nouvelles techniques de filtration et de circulation de l’eau plus efficientes associées à une réduction des volumes des bassins. L’automatisation des systèmes quatre en un (pompe de circulation, pompe à chaleur, système de filtration et électrolyseur), pilotables en une seule application sur smartphone, permet d’optimiser le fonctionnement et l’entretien de la piscine. Par ailleurs, les systèmes de filtration consomment 6,5 fois moins d’énergie qu’il y a 40 ans. Les nouveaux modèles de piscines sont équipés de pompes à vitesse variable qui garantissent une consommation énergétique annuelle de seulement 860 kW/h/an. 

Zoom sur les tendances

La mini-piscine a le vent en poupe ces dernières années. Créée au départ pour répondre à un problème de place, elle s’impose désormais pour ses qualités économiques au remplissage. Avec moins de mètres cubes, il y a aussi moins d’eau à traiter et à chauffer, d’où un faible coût d’achat des produits et des factures énergétiques allégées. En plus, si elle fait moins de 10 m2, pas besoin de permis de construire ni de déclaration de travaux. Petite mais efficace, elle peut être équipée d’un système de nage à contre-courant pour optimiser son utilisation. Côté revêtement, le liner continue de séduire plutôt en gris uni pour intensifier la couleur naturelle de l’eau ou marbré pour décupler les effets des rayons solaires et faire scintiller la surface. Si vous prévoyez de couvrir votre piscine chaque soir, optez pour les nouveaux tabliers équipés de lames en polycarbonate qui apportent un gain de chaleur jusqu’à 8 degrés à la température de l’eau. Pour le nettoyage, les robots désormais connectés sont pilotables à distance et programmables. Les modèles sans fil multiplient les fonctionnalités.

Des alternatives au traitement par le chlore

Dans les années 80-90, les piscines étaient en majorité traitées au chlore mais à l’heure actuelle, le système d’électrolyse au sel a gagné en popularité (28% du parc). L’électrolyseur est un appareil qui transforme le sel en chlore inodore, avec une eau très faiblement salée de 1 à 3 g/l. Associé à un régulateur de pH, il permet de réaliser des économies sur les produits de traitement. L’ozonateur (appareil permettant de créer de l’ozone) se généralise également mais l’ozone nécessite l’ajout d’un produit additionnel pour compléter la désinfection au moment de la baignade. Un appareil à UV est une autre alternative pour le traitement de l’eau mais s’agissant d’un procédé physique, il est nécessaire d’ajouter un produit rémanent qui permet de conserver les propriétés désinfectantes de l’eau de piscine.

Empreinte environnementale réduite

En août 2022, une norme environnementale européenne, née à l’initiative de la Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa avec l’AFNOR et le Comité Européen de Normalisation (CEN), a été publiée et entre progressivement en application. Elle a pour objectif de favoriser le développement d’équipements ayant un impact environnemental limité et maîtrisé et d’orienter les professionnels et les consommateurs vers un choix de piscine qui utilisera l’énergie de façon optimale. Cette norme classifie les performances environnementales des différents équipements (bassin, dispositifs de traitement de l’eau, de chauffage, d’éclairage, de nettoyage, couvertures, réseau hydraulique, système de filtration…) grâce à des pictogrammes. 

La piscine se recycle aussi !

Les différents matériaux qui composent une piscine bénéficient déjà de solutions de recyclage ou de réutilisation. La Fédération des Professionnels de la Piscine travaille actuellement à la mise en place de solutions plus nombreuses pour recycler les liners en PVC (qui se changent tous les 10-15 ans), les membranes armées, les coques en polyester et autres plastiques. Plusieurs initiatives locales volontaristes ont ainsi été retenues et la FPP s’attache à transformer ces pratiques individuelles en une filière structurée pour assurer une fin de vie plus vertueuse à tous ces équipements. Le label Propiscines®, qui existe depuis 10 ans, intègre déjà l’environnement et la gestion de l’eau dans sa Charte.

Quel prix pour une piscine ?

Le prix des piscines enterrées varie entre 7 000 et 15 000 € pour celles à installer soi-même à 15 000 à 45 000 € pour des bassins prêts à plonger installés par des professionnels. Pour une piscine sur-mesure en béton, comptez à partir de 30 000 €.

 

 

Par Sylvie Lenormand
Source : 25 millions de propriétaires et vous • N°575 ; juillet-août 2023